vendredi 13 novembre 2009

De la dynamique de groupe


Le groupe comme élément moteur, voilà curieusement la principale information que j'ai retenue de ce marathon de NYC. Évidemment, la ferveur et l'enthousiasme entourant ce marathon mythique ne peuvent laisser indifférent et m'invite à pousser tous les passionnés de la course à pied à franchir l'atlantique pour y courir.

Nous partîmes 14, nous arrivâmes 14. Voilà le défi que notre inconscient collectif s'était fixé. Pour la plupart issus du même club, nous n'étions que quelques uns à nous connaître autrement que par un bonjour dans les vestiaires les soirs d'entrainement.

Est-ce la magie de New-York, le stress positif de son marathon, le regroupement d'individus mus par une même passion et par l'envie de découverte, un peu de tout cela à la fois ? En tout état de cause la mayonnaise a pris et nous avons passé un séjour à tout point enchanteur.

Encore merci à tous et à toutes !

La ligne franchie, après un petit run de décrassage me menant de Central Park au Madison Square Garden en face duquel nous logions, je suis accueilli à l'hôtel par une simple question qui témoigne simplement de l'état d'esprit des uns et des autres : "alors Berlin, ... t'en es ?". Seulement plus tard viendront les questions sur le ressenti, le temps, la performance, ... tout cela n'apparaît qu'accesoire tant la difficulté de l'épreuve, la souffrance partagée avant, pendant et après l'épreuve permet de communiquer sur des choses fondamentalement plus importantes.

Désormais, je profite de quelques jours de récup même si j'ai d'ores et déjà rechaussé les pantoufles à courir. Les objectifs de cette première année sont atteints. Il sera temps dans les semaines à venir d'en fixer de nouveaux.



En attendant ... "enjoy" comme on dit là-bas.

samedi 7 novembre 2009

Première à New York !



Voilà c'est fait, j'ai couru mon 1er NYC Marathon.

Ambiance et ferveur au programme des 42.2 km ou plutôt des 26.2 miles.
2 millions de spectateurs dans les rues. Une ville qui vit SON marathon, qui vit, qui danse, qui chante au rythme de ce dernier. Des encouragements tout au long du parcours à vous saouler quand les premiers signes de perte de lucidité se font sentir.

Tout simplement incroyable. Des frissons sur le corps quand on passe de la solitude des ponts à la clameur des foules.
Des ambiances différentes selon le burrough traversé. La liesse à Brooklyn en sortant de Verrazzano Bridge - à cet instant je suis encore dans mes réflexions stratégiques (pas trop vite, reste en dedans), mes questionnements sur le plan de course - mais plus pour longtemps.
Ensuite, je suis happé par l'ambiance. J'avance certes mais mon attention est attiré ici par un groupe de blues là par une chorale de quartier, toujours par l'enthousiasme des uns et des autres. C'est aussi le marathon des new yorkais, c'est leur fête même si c'est nous qui courrons. Nous faisons corps.

Je traverse Brooklyn et en profite au 7ème mile pour faire un bisou à ma supportrice préférée qui a décidé de m' accompagner à l'occasion ce fabuleux périple.

Je passe dans des quartiers hispaniques puis traverse des quartiers afro américains et j'arrive dans le Queens, je suis bien, je ne pense toujours pas trop à la course. C'est étrange, j'ai bien dormi. J'ai vu avec les potes un match NBA (New York Knicks - Philadelphia Sixers) au Madison Square Garden la veille. Je me suis réveillé à l'heure (4.00). Toujours pas de stress. J'avais décidé avant de partir de profiter de ce marathon. Je profitais de ce marathon.

Bon dire que cela a été une partie de plaisir, non. Je suis parti sur le principe que la course commencerait au 30 ème kilo. Elle a commencé un peu avant pour ce qui me concerne. J'ai franchi les premiers ponts au semi et le Queensborough avec des jambes qui commencent à tirer. mais je suis toujours dans l'allure. Les choses se gâtent au 28 ème kilomètre. Je suis dans le dur sur toute la remontée de la 1ère avenue. Intérieurement, je me propose de gagner de l'expérience pour mes prochains marathons, de me faire du mental, de m'éprouver de ce côté là. L'idée c'est que si je passe ici, je passerai sur les prochains. Il me faut une course référence, sur laquelle je pourrais m'appuyer dans mes prochains défis. Je m'interdis d'arrêter. Je m'impose de boire. De l'eau exclusivement.
Petit à petit je me refais un peu un moral, les kilomètres passent et me rapprochent de l'arrivée. Ma prépa a été bonne, il ne me manque que du recul et beaucoup de kilomètres accumulés que je n'obtiendrai qu'à raison d'une pratique régulière de la CAP.

J'avais un objectif théorique à 3h45. Je franchis heureux la ligne en 3h52.

Cela laisse augurer de beaux lendemains. J'y reviendrai.